Bonjour à tous ! Comme beaucoup de personnes ayant décidé de consulter Françoise Leoni Van Gaver, je suis arrivée dans son cabinet le cœur au bord des yeux et les nerfs à fleur de peau.Pour situer un peu mon histoire : Je suis une jeune femme de 20 ans, étudiante en Sciences Humaines et Sociales dans une université parisienne. Mes parents ont divorcé lorsque j'avais 12 ans. Ma mère s'est remariée deux ans après avec un homme que nous appellerons Mehdi. Ce mariage semblait être un nouveau départ car cet homme nous faisait aspirer à une autre vie, à une vie plus confortable (nous habitons en cité alors nous devions la quitter). Ce nouvel arrivant dans la maison apportait de l'espoir dans ses bagages. Mon frère et moi n'avons donc eu aucun mal à accepter cette personne dans notre famille. Le mariage ainsi que son installation à notre domici le ont rapidement eu lieu.Nous étions heureux. Nous avions une mère épanouie. Nous nous sentions protégés. Mais, un jour, Mehdi a posé sa main sur moi, sur mon sein qu'il a qualifié d'inexistant, j'avais 13 ans et demi. Ca s'est passé une fois, puis une autre, puis encore une autre. Je fuyais toujours, en occultant les faits ou en m'éloignant de sa présence. De sales idées me traversaient l'esprit et cela me mettait dans une situation fortement inconfortable. Ces sales idées m’incriminaient et allaient à l’encontre des valeurs que l’on m’avait inculqué : un enfant doit toujours rester à sa place d’enfant et respecter les adultes qui ont autorité sur lui. Je me disais que ce n'était pas possible parce qu'il s'agissait du mari de ma mère, d'une personne intérieure à la famille et d’une personne à qui j'avais donné un rôle et une place mais surtout ma confiance. Ces gestes se sont répétés et on été toujours plus dégradant s pour ma condition de petite fille, parce qu’à 13 - 14 ans, on est encore une petite fille. Ainsi, cet homme m’a volé la chose la plus précieuse dont l’individu soit doté : l’innocence. Il m’a montré un monde où le respect des individus ne vaut rien, où on s’autorise à poser ses mains sur une toute jeune fille et pour finir, un monde où il s’est autorisé à projeter ses fantasmes sur moi. Même si j’ai été victime d’agressions sexuelles à répétition, j’ai eu une chance là dedans, celle qu’il ne m’a jamais violé. Comme je l’ai écris plus haut, j’avais 13 - 14 ans au moment de ces agressions et aujourd’hui j’en ai 20. Entre les deux bornes de cet intervalle : des années de silence, des années de honte et de sacrifices. Je me suis sacrifiée pour l’unité familiale car au moment des faits ma mère était enceinte de leur premier enfant, je voulais qu’il ait un père car je sais combien ça peut être un manque. Quelques mois après la naissance du premier enfant, le deuxième et dernier a pointé le bout de son nez. Ma mère était heureuse alors je me suis tue, alors je me suis effacée. J’ai occulté tout ce qui s’est passé, je me suis efforcée d’oublier. Cependant, il y avait toujours quelque chose de sous jacent : de la haine.Cette haine croissait à mesure que j’entendais sa voix, à mesure que je croisais son regard, à mesure que j’entendais parler de lui. Je ne supportais plus sa présence alors je lui ai été hostile et j’ai voulu qu’il s’en aille. Evidemment, mes sauts d’humeur ne sont pas passés inaperçu, j’ai été réprimandée pour ce qui a été mis sur le compte de la « crise d’adolescence » (elle a bon dos celle là !) et de la mauvaise volonté. Je me suis tue encore, j’ai enterré ce secret au plus profond de moi, et j’ai continué à vivre avec ces images qui hantaient mes songes. Mi-2013, j’ai été voir un film, « Le Passé » et ce film aura été le déclic. L’intrigue de ce film s’articule autour de problèmes familiaux, alors, ce passé que je m’efforçai s d’oublier s’est imposé à moi, car c’est un problème familiale. Des séquences d’images me sont réapparues. J’avais à nouveau ce boulet dont je ne m’étais jamais réellement débarrassé. Quelques semaines après ce déclic, je suis partie m’exiler dans un Carmel au fin fond de la Bourgogne. J’ai réfléchis et surtout je me suis souvenu de quelques images. J’avais retrouvé une partie de ma mémoire et donc de ma vie. Ne pouvant plus être seule à porter le poids de ce secret, j’en ai parlé. D’abord à des personnes dont je ne suis pas très proche (je me suis servis de ces gens pour déléguer), puis j’ai décidé d’en parler à quelques amis, à mon compagnon et pour finir à ma famille proche (mon frère et ma mère). J’ai alors été confronté à deux discours différents : les uns me disaient d’aller porter plainte pour que justice soit faite et les autres me disaient que si je faisais intervenir la justice c ela mettrait en péril l ’équilibre familiale (qui, je précise est nul puisque ma mère et Mehdi ont divorcé pour une raison extérieure à cette histoire).J’étais donc partagée entre le fait de vouloir faire valoir mes droits et le fait de ne pas vouloir passer pour une égoïste… Je devais à nouveau choisir entre ma famille et moi, mais cette fois-ci cela me l’était explicitement demandé.Lorsque j’ai pris la décision de consulter Françoise Leoni van Gaver, j’étais au bord de l’implosion car ces tracas impactaient tous les aspects de ma vie : familiale (forcément), sentimentale (stress, sauts d’humeur, non respect de soi-même donc non respect du compagnon etc.), amicale (se mettre à l’écart, être hostile à la présence de l’autre), étudiante (aucune motivation même si je réussis toujours aussi bien) et professionnelle (déficit d’attention, aucune volonté). Je me souviens avoir pensé avec délectation au soulagement que je pourrais avoir à me jeter sous les roues d’un RER qui s’approchait de moi alors que j'étais sur le quai, après une nième dispute avec mon compagnon. Bref, c’était plus possible. Le premier rendez-vous a été difficile, car il s’agissait de mettre des mots sur ce qui c’était passé. Il s’agissait de se souvenir toujours plus et donc de voir ces images chargées de négativité et de perversion avec une netteté toujours plus grande. C’est dès le premier rendez-vous que j’ai dis adieu à ces années de récession et de sacrifice en adhérent à la règle n°1 de l’épanouissement : se respecter afin d’être respectée par les autre. Quatre jours après le premier rendez-vous, je me suis rendue au commissariat et j’ai tout dis et ça a duré environ trois heures. Contre tout ce à quoi je m’attendais, être entendue par la police m’a fait un bien fou. Je me suis senti déterminée et actrice de ma vie.Le lendemain de cette visite au commissariat, j’avais rendez-vous avec François e Leoni van Gaver et nous avons travaillé avec une technique fabuleuse :I.M.O l'Intégration par les Mouvements Occulaires.Nous avons aussi travaillé à la prise de distance avec les images traumatisantes et là aussi c’est un succès. En un peu plus d’une semaine je suis passée de l’état : « au bord de la crise de nerf », à l’état : « d’acceptation du passé sans le rejeter ». Le travail effectué est simplement énorme. Je me suis débarrassée des effets post-traumatique, j’ai retrouvé complètement la mémoire de ces événements et j’ai désormais un regard vide d’émotions sur ce qui m’est arrivé. Cela change considérablement la perception que l’on peut avoir du passé, du présent et du futur. Je suis libre, libérée de ces images torturantes qui me clouaient au sol.Merci Françoise, de tout cœur, merciAurélie